Arrivée sur le marché automobile en 2014, cette série 2 dérivée en monovolume et équipée d’une traction (et non d’une propulsion) a fait énormément de vagues. En 2018, BMW sort une version « rafraîchie », preuve que l’Active Tourer et le Gran Tourer (sa version 7 places) exercent une réelle attraction chez les consommateurs. Pour vous, Chronogrip a essayé de comprendre cet engouement.

Malgré une carrosserie très fidèle aux lignes élégantes et agressives propres à la marque allemande, l’Active Tourer n’est pas une voiture que l’on peut qualifier de « Sexy ». Loin d’être un défaut, son aspect « banal » en fait une voiture plus discrète et ne donne pas l’impression que l’on veut être vu en toute circonstance. Disons plutôt que son design colle parfaitement à une utilisation quotidienne qui voit enfants, courses et animaux de tout poil être transportés confortablement en son sein. Car confortable, cette BMW l’est. Et de manière surprenante. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la plupart des BMW sont connues pour être équipées de suspensions fermes qui peuvent rendre un voyage peu confortable sur des routes dégradées. Sur l’Active Tourer – qui reprend pourtant la plateforme de la Mini Countryman, dont les suspensions étaient fermes – le confort de roulage sur ces routes est impeccable. Ce compromis pour plus de confort se fait naturellement au détriment d’une conduite plus sportive. Mais cela, étonnement, ne dérange pas. Sur ce plan-là, BMW a fait un très bon travail.

Performances

Pour cet essai, BMW nous a prêté la version 216d « Luxury Line ». Le moteur diesel 3 cylindres de 116 chevaux, normalement très léger sur papier face au poids conséquent de la voiture (plus d’une tonne et demie) est étonnement dynamique lorsqu’il est accouplé à la boite automatique Steptronic à 7 rapports. Aucune d’impression d’essoufflement, de belles reprises et une consommation très raisonnable sur des trajets peu demandeurs en accélération longue (entre 5,5 et 6 l/100km enregistrés). Cette boite à vitesse est une vraie merveille. Son double embrayage fluidifie le passage des rapports et cette douceur, couplée à une isolation phonique réussie, parfait le confort du véhicule. Naturellement, malgré 276 Nm de couple, ses accélérations ne sont pas transcendantes mais se défendent très bien face à la concurrence.

Passe-partout

Malheureusement, ce confort de roulage la rend vierge de toute sensation que pourraient apporter des modèles plus sportifs. Cet aspect peut frustrer. Cependant, il est difficile de lui en vouloir car elle ne vous lâchera jamais. Bien sûr, oubliez tout de suite l’idée de sortir des sentiers carrossables. Mais elle se défend aussi bien sur l’autoroute que sur les petits chemins de campagne ou encore en milieu urbain.

On en arrive donc au public réellement atteint par la firme allemande. Quand on regarde attentivement les publicités, on nous vend un véhicule essentiellement urbain, destinés aux jeunes cadres (pour sortir 43.000€ il faut un bon salaire!), qui vous permet de sortir de la ville sans vous sentir démuni. Si cet aspect se vérifie par sa capacité à se fondre dans le décor, nous pouvons observer une réalité sensiblement différente sur le terrain.  À bord de l’Active Tourer, nous retrouvons surtout des pères et des mères de famille de classe moyenne, de tous horizons, qui ont eu envie d’accéder à un modèle « Premium », tout en conservant la praticité d’un monovolume. Et ils ont raison. L’habitacle hyper modulable permet tant le transport de personnes que d’affaires encombrantes. Certes, la place n’est pas infinie mais sur ce plan-là, encore, le modèle se défend très bien face à la concurrence.

Ce qu’il ressort de cet essai

Si nous étions des puristes, nous aurions dit : BERK! mais comme nous sommes ouverts d’esprit, nous disons : bien joué! Il fallait l’oser et le pari est réussi. Certes le véhicule reste imparfait. La direction est trop assistée et on perd toute connexion avec la route. Les freins sont trop légers par rapport au poids situé en majorité à l’avant, ce qui en fait une sous-vireuse née. L’impression de lourdeur ne quitte jamais le conducteur, c’est un fait. Mais ce n’est pas une voiture de sport.  Avec l’Active Tourer, BMW propose tout ce qu’on attend d’un Monovolume Premium : une alliance solide entre le confort, le luxe et la fonctionnalité. Gardons à l’esprit que ce modèle est destiné à une clientèle aisée. Son prix, peu concurrentiel, se justifie également par la présence d’instruments ultramodernes (BMW connected Drive, un tas de gadgets électriques, des assistances à la pointe, une instrumentation de bord presque entièrement numérique,…), d’un moteur qui n’a rien à envier à ses concurrents et surtout : elle conserve le « Plaisir de Conduire », si cher à la firme allemande.

Cela répond donc à cette question qui nous brûlait tant les lèvres ; si BMW arrive à vendre ce véhicule, en dépit de sa « trahison » envers ses plus fidèles puristes, c’est parce que le consommateur a très vite compris que l’Active Tourer est tout simplement une excellente voiture.