Rouler en Dacia quotidiennement est-ce un fardeau? À chacun de penser ce qu’il veut! Je suis personnellement passé par toutes les émotions au volant du petit Crossover roumain et au fur et à mesure, je me surprends à l’apprécier de plus en plus…

Sortie en 2017, la dernière version de la Dacia Sandero a connu un franc succès en Europe. Rien d’étonnant à cela : sans débourser un centime de plus, vous obteniez une voiture modernisée et plus proche de ses concurrentes en matière d’équipements et de motorisation. Exit le poussif 1.2 4 cylindres, bonjour le tout nouveau 0.9 trois cylindres turbo de 90 chevaux. Bref, 10.000€ pour une voiture neuve entièrement équipée, forcément,ça séduit.

Il faut s’adapter

Et pourtant… j’étais rétif à l’idée d’utiliser cette voiture au quotidien, habitué au luxe discret mais ô combien confortable de la Toyota Auris du paternel. Il est vrai qu’entre les deux modèles, il existe une différence assez marquée qui ne laisse personne insensible. Adieu le roulage souple et puissant de la Toyota, bonjour le turbo qui lag à froid, la boite à vitesse imprécise, la direction parfois un peu surprenante et la sensation de monter à bord d’une Renault 4L modernisée tant la suspension est souple. Cependant, je devais mordre sur ma chique car la route qui se dressait devant moi était longue.

C’est en changeant souvent de voiture, au fil des essais réalisés, que je me suis rendu compte du potentiel et du charme insoupçonné de cette baroudeuse. Alors qu’au volant de modèles plus imposants, et plus luxueux, je passe d’agréables moments, c’est pourtant avec plaisir que je retrouve ma petite Dacia, froide et humide d’avoir passé la semaine entière au grand air sur un parking. Serai-je devenu sentimental?

Rien n’est parfait, rien n’est mauvais…

Aussi neutre que la Suisse, cette phrase résume pourtant bien la Sandero. Les plastiques très cheap, le comportement lunatique de la voiture et les petits défauts que l’on peut trouver en nombre quand on regarde aux détails, font honneur à ceux qui estiment qu’une Dacia se rapproche plus d’une charrette que d’une voiture. Mais le confort des sièges, la position dominante sur la route, le tableau de bord connecté et un moteur de très bonne volonté vous fait très rapidement oublier ces détails, surtout lorsque vous vous farcissez plus de 300 km sur un weekend. Au quotidien, la Sandero Stepway se révèle être d’excellente compagnie. Agile en ville, à l’aise sur l’autoroute et sans crainte dans les sentiers moins carrossables, elle ne semble pas connaitre autant de limites qu’une Clio, motorisée et équipée de la même manière. Et pour 3.000 à 5.000 € de différence, on se sent fier de ne pas s’être fait avoir!

En termes de coûts, en dehors du prix d’achat, la Sandero reste très raisonnable! La consommation du petit TCe 90 s’élève à une moyenne de 6 à 7 litres en fonction du style de conduite adopté et avec un réservoir de 45 litres, pas de craintes quant à l’autonomie. Également peu puissante fiscalement et à jour dans les normes de sécurité et de pollution, les assurances et taxes diverses qui s’appliquent à la Dacia ne piochent pas de trop dans votre pauvre porte-monnaie.

La voiture du siècle?

N’exagérons rien tout de même, on en est loin. Peut-être me trompé-je, mais je compare volontiers la Sandero avec la Renault 4 produite de 1962 à 1993 à plus de 8 millions d’exemplaires. Certes, l’engouement n’est pas le même, mais Dacia propose – au même titre que Renault à l’époque – une petite voiture très accessible et passe-partout qui s’utilise en tout temps.

Je sais qu’un jour je devrai m’en séparer tristement pour me lover dans les sièges d’une autre voiture avec laquelle je passerai des moments aussi extraordinaires! Mais je garderai toujours dans un coin de ma tête l’incrédulité de mes amis quand je restais dans leur sillage sur les petites routes de campagne alors qu’ils étaient propulsés par de ronronnant moteurs diesel à la cavalerie plus importante que ma petite écurie. Ces 30.000 km s’annonçaient rudes dans mon esprit, mais la rudesse a laissé place à cette douce aventure que je vis encore quotidiennement à son volant.

Alexandre.